Présentation au Club Galilée

25 September, 2009 (04:31) | French, Games, Life | By: Olivier

Le 27 juillet dernier j’ai reçu une invitation très formelle du Club Galilée pour le 21 septembre qui disait :

“Créé en 2006, le Club Galilée est un « Think Tank » européen regroupant plus de 300 professionnels de toutes générations et de tous médias, publics et privés, ainsi que des télécoms, qui propose une nouvelle approche indépendante et ouverte des enjeux de ce secteur d’activités. Il est hébergé par le Centre d’Analyse Stratégique, ex Commissariat Général au Plan. La présentation que vous pourriez nous proposer devrait durer une dizaine de minutes, et vous permettre de nous donner votre point de vue sur les évolutions actuelles et futures des contenus spécifiques conçus au croisement de l’audiovisuel, du jeu vidéo et d’Internet. Elle sera l’occasion pour vous de nous présenter votre jeu Soul Bubbles.”

Voici donc mon intervention de lundi soir  (merci à Tatiana pour la vidéo !) :

J’étais accompagné de Nicolas Gaume et Eric Viennot qui ont enchaîné avec des démonstrations de leurs nouveaux (et très impressionnants) projets.

Comments

Comment from Vianney Lecroart
Time September 25, 2009 at 6:12 am

Je vois que tu es un fan de zero punctuation :)
Très sympa comme presentation

Comment from Nicolas Hognon
Time September 25, 2009 at 6:38 am

Intéressant … à faire tourner pour ouvrir les esprits …
et Gaume/Viennot ils n’ont pas été filmé ?

Comment from Olivier
Time September 25, 2009 at 6:39 am

Oui ! :)
C’est un style pratique pour faire des personnages rapidemment.
(mais je devrais surtout avoir un “zero spelling” vu les fautes d’orthographe que j’ai laissé passer dans les slides – c’est ça de tout faire à la dernière minute…)

Comment from FatMat
Time September 25, 2009 at 7:09 am

Belle présentation. C’est provocant, ça fait cogiter !
. “un jeu ne transmet pas un message de la même manière qu’un film”, 100% d’accord ; je serai curieux d’avoir ton analyse de la différence (et au-delà de l’interactivité qui n’explique pas grand chose, le spectateur aussi fait le film… c’est pas passif…)
. “il n’y a pas que la représentation qui est porteuse de sens” ; indéniable. (Les jeux de baston sont probablement les meilleurs exemples de jeux pointus, exigeants, pas du tout immédiats dans la prise en main).
. “impossible de proposer une définition de l’art excluant le jeu vidéo” : c’est amusant. On ne peut pas dire que le jeu vidéo n’est pas un art, car on ne sait plus ce que c’est que l’art. (En bonne logique, on ne pourrait pas non plus dire que c’est un art !).

Tout cela dessine un programme à deux faces : “à la conquête de la légitimité” (jeu vidéo = le meilleur de la science, de l’art et de la philosophie ; rien que ça, et la religion tant qu’on y est ?) / “à la conquête de l’art nouveau”.

Du coup, ça donne vraiment envie de savoir comment ça marche le jeu vidéo. C’est quoi un jeu réussi d’après toi ? Où est-ce que tu vois réalisée l’alliance des trois couches (modèle, représentation, interaction) ?

Il y a des questions/réactions dans la salle ensuite ?

p.s. je suis réticent à admettre que jeu en général = règles. Je pense à l’objection de Caillois qui me paraît juste : quand les enfants jouent à “faire comme si”, ce qui est une part gigantesque de l’activité de jeu, les règles sont mouvantes. Mes enfants jouent : au début, ils sont une famille tigre ; cinq minutes après, ils sont passés à l’ours, en négociant les règles du jeu et de l’univers. Du coup, jeu = règle, c’est probablement qui est terriblement lié au jeu vidéo et aux machines qu’on a en dessous, et probablement une limitation drastique de ce que les jeux peuvent atteindre (rares sont les jeux où on n’est pas dans le combinatoire, le calcul des optimums, en bref : le travail de bureau).

Comment from Olivier
Time September 25, 2009 at 8:02 am

Hello FatMat,

1- Et pourtant si, l’interactivité explique tout pour moi… Je crois qu’il y a une immense différence entre “l’action” d’interpréter le message que tu reçois d’un film (en sens unique) et les actions, les expérimentations (ce va et vient dialectique) qui te permettent d’appréhender le modèle systémique d’un jeu. C’est la différence entre le dialogue et le discours, entre entendre et comprendre.

2- Personne n’a jamais trouvé une définition de l’art qui mette tout le monde d’accord il me semble (Comme pour le jeu, comme c’est étrange !). Il y a plein de théories de l’art dans l’histoire : théorie du goût et du beau, du rituel, de l’art comme institution, de la reproduction du réel, de la communication, de l’expérience, etc… Je me borne simplement à dire que quel que soit le cadre théorique que l’on choisit, il me semble impossible d’en exclure le JV.

3 – Pour moi un jeu réussi c’est un jeu qui me fait réaliser quelque chose qui rend ma vie plus belle – même l’espace d’un instant.

4- Un jeu qui aligne le sens des trois espaces : Passage ou Gravitation de Jason Rohrer. (edit: ou Street Fighter IV pour ne pas être élitiste!)

5- Il y a eu pas mal de questions après mais pas vraiment sur le fond de ma présentation. Soit ils n’ont pas osé, soit je me suis mal fait comprendre… :)

6- Moi aussi j’aime beaucoup l’axe Paidia < -----> Ludus de Caillois et je m’en sers souvent pour penser gameplay. Pour autant, même les jeux les plus Paidiens ont des règles (ne serait que celles de la physique). Ca peut être des règles flexibles, mouvantes dans le temps mais des règles quand même. Je ne crois pas que Ludus soit inéxorablement lié à la machine : il y a des jeux vidéo qui font une grande place à Paidia.

Pingback from Olivier Lejade nous parle de jeu video | Game Culture : cultivez votre gameplay
Time September 25, 2009 at 10:58 am

[...] via Olivier Lejade [...]

Comment from William
Time September 26, 2009 at 12:46 am

Très bonne (et claire) présentation.
Les meilleurs présentations sont toujours celles qui sont interactives et qui posent le spectateur en acteur (ici, les mains qui se lèvent et se baissent au fur et à mesure). Ici, c’est un bon moyen pour faire prendre conscience aux “non-joueurs” que le jeu est partout autour d’eux.
Merci aussi de nous rappeler que le jeu vidéo n’est pas un sujet si compliqué qu’il n’y parait.

Comment from Olivier
Time September 26, 2009 at 2:54 am

@Nicolas Hognon : Ils ont montré des projets encore secrets qui ne peuvent pas se retrouver sur le net…

Comment from CuberToy
Time September 26, 2009 at 3:47 pm

C’est un message vrai pour tout joueur. Les générations les plus récentes seront surement les seules à le comprendre. Non seulement ceux qui s’intéresse plus aux indépendants, mais aussi ceux qui aime les superproductions vide de sens (n’excluant pas le plaisir de jouer, attention je ne dis pas la qu’il n’y a pas de superprod avec sens et vice versa, je précise). Moi par exemple, j’ai grandi directement dans une période, celle qui a vu le véritable essor du jeu vidéo (ou l’on avait plus besoin d’aller dans une salle d’arcade pour jouer à un jeu plus sophistiqué que pong) donc grosso modo de fin 80′ à maintenant. Ces mêmes personnes sont celles qui voient directement le changement de mentalité (la wii présente dans les maisons de retraites aujourd’hui… une console dans une maison de retraite c’était inespéré il y a encore de cela dix ans).

Je me souviens encore quand au collège j’avais demandé (en cours d’audiovisuel) que l’on réalise un projet de groupe sous forme de court métrage documentaire montrant le jeux vidéo tel qu’il est et tel qu’il devrait être perçu. La prof m’avait fait les gros yeux et j’avais au final juste l’impression de passer pour un geek (au final ils ont fait un spot anti-consommation). Mais en fait on peut rationaliser tout ça et se dire que ça passera. Le cinéma a mis près d’un demi siècle avant d’être reconnu comme art. Et aujourd’hui c’est ancré dans l’esprit des gens.

La ou je veux en venir c’est que comme tu l’as dit, quand on parle de jeux vidéo à un néophyte, il voit la violence et les jeux de bagnole. Pour la plupart en effet il n’y a pas de réel fond (si ce n’est l’apport de divertissement essentiel), mais il y a les autres jeux. Et surtout le cinéma a le même type de cas de figure. Un film de Michael Bay est autant classé 7eme art que le dernier Almodovar… (je prend l’exemple du cinéma car je pense que c’est ce qui se rapproche le plus du jeux, sans rentrer dans un trip David Cagiens ^^ ).

En bref, je suis bien content qu’il y ai des gens comme toi pour rappeler ça. Je pense qu’il est important que les gens y pensent, pas pour que les joueurs et les développeurs fassent pression pour emporter le titre “d’art” (bien vague) mais pour que lorsque ce sera compris et associé, ça devienne légitime.

Merci pour ça ^^

Comment from Olivier
Time September 27, 2009 at 4:52 am

C’est vrai que le temps joue pour nous. Mais ce serait quand même bien si on pouvait accélérer un peu le mouvement !

Comment from JulV
Time September 28, 2009 at 11:44 am

Hééé j’étais là moi aussi ;-)

Comment from Olivier
Time September 29, 2009 at 10:29 am

Ouiiiii, Julien! Et merci pour ta super synthèse sur l’aspect industriel du JV, c’était une parfaite conclusion à la soirée.

Comment from Laurent / Jeux vidéo et bibliothèques
Time September 30, 2009 at 6:49 am

Bravo pour la présentation, très intéressante! On peut voir les autres interventions ou synthèses,comptes rendus quelque part?

Comment from Olivier
Time October 1, 2009 at 6:32 am

Malheureusement, comme je le disais plus haut, leurs présentations ne peuvent pas être diffusées parce qu’elles montraient des projets encore non annoncés.

Comment from Rastafarix
Time October 2, 2009 at 3:51 pm

Faut le diffuser au 20h de FR2 ! ^^

Comment from France
Time October 5, 2009 at 10:14 am

Très belle présentation. Grâce à elle, j’ai enfin pu définir précisément le sujet de ma thèse. Je voulais parler des jeux d’auteur, sans vraiment réussir à contourner le point de vue artistique (ce qui m’était demandé par mon directeur de thèse qui ne peut superviser une thèse sur l’esthétique, par exemple).
Grâce à cette présentation, que pour ma part j’ai trouvée limpide, m’est venue l’axe autour duquel je tournais sans le voir : l’intention.
Quelle est l’intention contenue dans tel ou tel jeu. Si elle est du domaine de l’indicible, de l’entre-deux, de l’impossible (selon Bataille), alors il se pourrait qu’il y ait un “au delà du jeu” : l’humain.
Merci :)

Comment from Olivier
Time October 6, 2009 at 3:40 am

Beau sujet de thèse, France. Bon courage !

Comment from FatMat
Time December 1, 2009 at 12:37 pm

Thèse avec qui ?

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