Assises du jeu vidéo 2008

6 April, 2008 (13:32) | French, Games, Life | By: Olivier

J’étais vendredi aux deuxièmes “assises du jeu vidéo” qui, comme l’année dernière, avaient lieu dans la salle Colbert du Palais Bourbon (l’assemblée nationale). Pour être honnête c’était assez déprimant. Malgré quelques interventions de qualité – comme celle de Laurent Michaud – analyste de l’IDATE – qui a donné un bon aperçu des lignes de force du secteur, le ton général était tout de même largement à côté de la plaque.

Entre les distributeurs qui s’imaginent que rien ne va changer avec l’avènement de la distribution online et la ministre de la culture dont le discours laissait entendre que le jeu vidéo allait devoir rentrer dans le costume vieillot et étriqué du droit d’auteur tel qu’on le conçoit en France, l’ambiance était un peu celle de Pompeii avant l’éruption du Vésuve.

Mais une fois de plus, la palme du burlesque est sans conteste revenue à Jean-Claude Larue – l’indéboulonnable délégué général du SELL (syndicat des éditeurs). Il n’a pas hésité à agresser Guillaume de Fondaumière – président de l’APOM (syndicat des développeurs) – en lui reprochant vertement de demander l’assistance financière des pouvoirs publiques. Il faut tout de même oser le faire, quand les membres de son propre syndicat – de l’américain Electronic Arts au français Ubisoft en passant par la britannique Eidos – font la course à celui qui délocalisera le plus vite et le plus fort au Canada où, comme est venu nous l’expliquer un entrepreneur local, les aides peuvent parfois atteindre 85% des budgets!

Je comprends bien que les éditeurs voient d’un mauvais oeil tout ce qui pourrait permettre aux studios de s’émanciper de leur tutelle financière mais tout de même : comment peuvent-ils espérer être crédibles dans leur critique des aides françaises aux développeurs alors qu’ils profitent eux-même de distortions de concurrence tellement plus graves au Canada ?

Ils ont beau jeu d’oublier que le crédit d’impôt récemment voté (jusqu’à 20% pour certaines productions) n’a pour effet que de compenser minimalement la concurrence déloyale dont ils profitent à l’étranger. C’est vraiment l’hopital qui se moque de la charité…

Comments

Comment from Florent
Time April 7, 2008 at 2:43 am

S’ils veulent faire du droit d’auteur sur les programmes de jeux, et donc pour les architectes logiciel, cela devra aussi s’appliquer à l’informatique en générale, dont l’administration et la défense. Sinon, ce sera du droit tordu, fait par des gens tordus.

Florent
Nadeo

Comment from Olivier
Time April 7, 2008 at 10:41 am

Du droit tordu fait par des gens tordus…
Oui, je crois que c’est un parfait résumé de ce qui se profile !

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